LA PRESSE EN PARLE
LA FRANCE AGRICOLE - 24 novembre 2006
Le dessous des cartes - Par Remi Serai
AFFAIRE GAUCHO - RÉGENT TS : Les apiculteurs ont-ils enfumé l’opinion ?
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Une enquête journalistique révèle les d’une poignée de protagonistes dans la bataille qui oppose la profession apicole aux géants de la phytopharmacie.
Autant le dire tout de suite, notre confrère Gil Rivière-Wekstein est connu pour sa plume plutôt amène
lorsqu’il parle des OGM ou des industriels de la protection des plantes. Les faucheurs volontaires,
antilibéraux et certains apiculteurs sont quant à eux rarement traités avec les mêmes égards dans sa
lettre d’information (très bien renseignée) «Agriculture & Environnement».
Nul doute que tous ceux qui ont pris fait et cause pour le monde apicole depuis le début de l’affaire
Gaucho-Régent ne manqueront pas de mettre en avant les opinions du journaliste et pourraient même lui
attribuer des « amitiés » auprès des firmes de la phytopharmacie.
Car Gil Rivière-Wekstein est l’auteur d’un livre (1) pas piqué des hannetons à paraître ces jours-ci :
« Abeille : l’imposture écologique ». Il y reprend l’affaire depuis le départ et démontre comment une
poignée d’apiculteurs est parvenue, en jouant les David contre Goliath, à donner une dimension médiatique
nationale, politique et judiciaire à leurs problèmes locaux «d’effondrement des butineuses devant les
floraisons de tournesol». Il dresse aussi le portrait de certains chercheurs et autres spécialistes
surtout en quête de reconnaissance, de notoriété ou plus bassement d’un financement. Quand vient le tour
des politiques, c’est tout naturellement Philippe de Villiers qui fait l’objet d’un pamphlet ô combien
enrichissant sur les relations du candidat à la présidentielle avec les richissimes milieux écologistes
radicaux et conservateurs du Royaume-Uni, sans omettre toutes les mouvances qui s’y rattachent.
Au delà de ses révélations, ce livre décrit les rouages d’une nouvelle pratique qui relègue le bon vieux
lobbying aux oubliettes. Il suffit de se mettre les médias dans la poche pour monter le bourrichon à
l’opinion publique et cueillir ensuite les fruits de décisions politiques prises sous la pression de la rue.